Par Charles Castet. Initialement publié sur Contrepoints.

C’est parce qu’il est un commencement que l’homme peut commencer ;
être homme et être libre sont une seule et même chose.
— Hannah Arendt

 En ayant droit à tout, on manque de tout.
— Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France

hugueninL’Histoire Intellectuelle des droites, essai écrit par François Huguenin1, est une réédition (augmentée d’un chapitre sur le catholicisme social) d’un livre précédent paru en 2006 et qui s’intitulait Le conservatisme impossible.

« Les Droites »

François Huguenin utilise dans son livre le mot au pluriel, et sépare les deux grandes familles intellectuelles que sont le libéralisme et la réaction. Il parle aussi d’une voie médiane que serait le conservatisme, ce qui n’exclut pas de nombreuses autres divisions selon les individus et les circonstances historiques. Cette division ne vise pas forcément à remettre en cause la division tripartite opérée par René Rémond dans Les droites en France. Les deux livres ont des objets différents. Rémond, bien que n’ignorant pas les idées, s’intéressait surtout aux formations politiques qui ont donné une forme à celles-là, leurs mutations depuis la filiation originale (légitimisme/orléanisme/bonapartisme), les rapports de forces entre ces formations. Huguenin s’attache, lui, à « l’intelligence » des droites, à l’histoire des idées. Donc pour le besoin du présent article, « libéraux » et « réactionnaires » sont entendus au sens des familles intellectuelles et non des mouvements politiques actuels.

Huguenin fait tout de même une courte référence aux partis politiques français dans sa préface, écrite à l’automne 2013, ainsi qu’aux manifestations du mariage pour tous. Il y exprime une très nette défiance envers l’Union pour un Mouvement Populaire (qui n’étant ni libéral ni conservateur diffère de la gauche davantage en degré plutôt qu’en nature) et le Front National (qualifié de nationaliste, mais dans des formulations telles qu’elles apparaissent forcées).

Ce qui unit et ce qui divise

Huguenin fait de la Révolution Française l’élément fondateur du clivage. Mais plus fondamentalement de la manière dont les événements relatifs ont été vécus et interprétés. Punition divine chez Maistre, sentiment mêlé de nostalgie et de crainte chez Tocqueville, critique impitoyable chez Burke mêlée avec la reconnaissance de la nécessaire réforme. Dès ce moment se manifestent les différentes attitudes possibles.

NPG 655; Edmund Burke studio of Sir Joshua ReynoldsDeux tendances se dégagent au moment des premières années de la Révolution Française. La première, c’est que libéraux et réactionnaires, dans la diversité de leurs prises de positions, se retrouvent à la suite des Réflexions sur la Révolution de France de Burke, pour dénoncer et contrer la dynamique égalitaire de la société démocratique. Dans le même temps les auteurs conservateurs et réactionnaires se sont farouchement engagés dans les combats idéologiques dont ils étaient les contemporains. Au fur et à mesure et aussi du fait que, dans leur grande majorité et malgré la filiation whig de l’œuvre de Burke, ils deviennent ouvertement anti-libéraux, conséquence du déplacement continu du centre de gravité de la vie politique française vers la gauche. À tel point que l’objectif réactionnaire – vouloir revenir avant la rupture révolutionnaire, en réinstaurant les conditions de l’ancien monde, procède souvent chez eux de la prise de position conservatrice. Et la raison libérale, devenue pusillanimité si ce n’est une forme de « trahison », finit par devenir totalement étrangère. Cela n’est pas forcément une question de doctrine philosophique et politique, mais une influence du vécu de la Révolution sur les esprits et dans les cœurs. Un vécu difficilement surmontable et qui a abouti à trancher et à séparer les opinions entre les deux pensées.

Selon Huguenin les deux se sont retrouvés dans une impasse pour les raisons suivantes :

  • Les libéraux ont applaudi 1789 parce que cela a marqué l’avènement de la liberté politique en France. Ce qui est vrai. Mais cet avènement s’est fait dans des conditions et au nom de principes tels que ce qui allait suivre ne pouvait ressembler à ce qui s’est passé en Angleterre ou plus avant aux États-Unis. Dès 1790, Burke percevait la Terreur, l’invention du bouc-émissaire, des procès expéditifs, du meurtre politique, et de la guerre de masses aussi bien à l’extérieur que contre « l’ennemi de l’intérieur ». Dénomination inventée par ce qui déjà se nommait « la gauche ». Évidemment aucun libéral ne pouvait accepter cela. Mais dans le contexte français, l’un et l’autre étaient difficilement dissociables comme Tocqueville l’a décrit. Ou bien plus récemment Philippe Nemo dans Les deux Républiques.françaises.
  • Les réactionnaires obsédés par le retour en arrière, à vouloir effacer la Révolution. Cet événement avait pourtant engendré une rupture décisive, au point que nulle « conservation » ni nulle « réaction » n’étaient désormais plus possibles, sur le plan théorique comme sur le plan pratique. Traumatisés par la Révolution, ils sont restés longtemps obsédés (le Comte de Chambord sabordant la dernière possibilité de Restauration pour le drapeau blanc est un bon exemple) par la possibilité de faire rétrograder les aiguilles du temps. Cette infirmité originelle perdurera et se retrouve dans les décennies suivantes.

Les premiers se sont retrouvés embarqués sans l’avoir voulu dans une machine infernale. Les seconds, « bloqués » dans une impasse, n’ont jamais pu sortir du traumatisme de la révolution, et, obsédés par le désordre, oblitèrent la question des libertés publiques. Toutes les controverses qui se sont déroulées dans les décennies qui suivirent ont vu les problèmes posés en ces termes.

Les libéraux ont fini absorbés par l’idéologie démocratique et les réactionnaires finirent par tourner en rond. Les deux désespérément inaudibles.

Selon Huguenin la division entre libéraux et réactionnaires repose sur deux éléments :

  • La lutte entre deux principes : le principe du consentement et le principe de l’autorité.
  • Une vision de l’histoire. La marche vers la liberté pour les libéraux. Un processus de ruines, qui a commencé avec la perte de l’autorité traditionnelle incarnée par le roi, pour les réactionnaires.

Ce qui restera toujours comme un instant d’exaltation à gauche a confondu ce qu’on peut nommer la droite. Philipe Nemo a développé dans Les Deux Républiques la double nature de cet événement. Les controverses qui suivirent pendant deux siècles se sont faites à partir de cette coupure originelle.

La ligne rouge imposée par l’idéologie démocratique et égalitaire

Il y a mis je crois tous ses talents, clarté, activité, labeur opiniâtre, mais, cette fois, il s’est imposé de ne pas sortir du cadre que la démocratie militante impose à ses administrateurs provisoires. Il a travaillé dans l’instant et pour l’instant, il n’a pas recherché le degré de solidité et de force que la structure du régime non seulement excluait, mais par principe haïssait d’avance. De là ce qui est jugé fragile, instable et précaire dans cette construction de six mois.
— Charles Maurras, La politique du 27 janvier 1927, écrivant à propos de Raymond Poincaré2

C’est comme cela qu’un nationaliste peut juger l’action d’un libéral. Rappelons le contexte de l’époque. Suite au ratage économique laissé par le Cartel des gauches, Poincaré, personnalité éminente du centre-droit libéral, est rappelé aux affaires en vue de rétablir la situation économique et financière. Qu’en dit Maurras ? Ses intentions sont peut-être bonnes, mais il y un « cadre », une « limite » qu’il ne « peut » pas dépasser. À l’automne 1928, Poincaré se retirera sans résultats durables et probants en dehors du « franc Poincaré », dévaluation opportune sur le moment mais sans autres effets qu’un léger rétablissement économique vite effacé par la crise des années 1930. Pourquoi cet exemple ? Parce qu’il illustre ce que cherche à démontrer Huguenin : le « grand écart » entre les deux interprétations intellectuelles d’une action politique. Maurras dit de Poincaré que ses intentions sont bonnes et les premiers résultats probants certes, mais que cela n’aboutira pas. Il est vrai que Poincaré, par pusillanimité, n’a jamais pu (ni voulu) dépasser les limitations qu’imposait le système politique français. Il faisait partie de « ces hommes bien élevés » dont parlait ironiquement Margaret Thatcher. Maurras a également échoué, mais pour d’autres raisons qu’Huguenin analyse de manière fine dans le chapitre consacré à l’Action Française.

Deux pensées partielles. Deux formes d’insuffisances. Et à la fin, c’est la gauche qui l’emporte.

Dans le même esprit, on peut voir le quinquennat Sarkozy comme une tentative de la part de la droite d’exister au moins dans les discours (Dakar pour les relations avec l’Afrique, Latran pour la laïcité, Grenoble pour la sécurité et débloquer la question de l’immigration) à défaut d’avoir toujours été suivi d’actes. En 2007, au vu des informations disponibles, il n’était pas totalement absurde de penser que le nouveau président avait repris une partie des idées défendues par Reagan et Thatcher. Et confronté à un contexte européen et mondial, il a pu défendre, par stratégie autant que par conviction, et surtout dans la communication, le besoin de remettre la France en mouvement, impliquant de réexaminer les soi-disant fondamentaux de l’État-Providence établis en 1945. Que rien de tangible ne fut entrepris pour libéraliser l’économie pendant ces cinq années est une autre affaire qui n’est pas le sujet de cet article. Retenons simplement que cette tentative a relancé le sentiment d’une supériorité morale de la gauche dans le cadre d’une dissymétrie de notre système politique qui s’est mise en place durant le XIXe siècle et que le gaullisme n’a recouverte qu’un moment. Comme Huguenin le rappelle, la droite (libérale ou réactionnaire) vient toujours buter sur un « sacré républicain » qu’elle doit respecter mais qui lui reste extérieur, et qu’elle n’incarne pas, qui la menace. Pour se faire admettre, elle doit faire le moins possible, et reculer sagement à la manière de Chirac, ou bien se présenter en gestionnaire compétent comme Raymond Poincaré, Antoine Pinay ou Raymond Barre.

Cette infirmité a eu des conséquences désastreuses, à tel point que ce qui est impensable finit par devenir la norme. L’évolution de la République française fait penser à ce que l’on nomme l’effet cliquet. À la faveur de la première guerre mondiale sont mis en place, prétextant la guerre, les fondements d’un régime redistributif en commençant par la création de l’impôt sur les revenus contre lequel le pays avait longuement marqué ses réticences. Et à la faveur de la seconde guerre mondiale se met en place la Sécurité Sociale, son régime de retraite par répartition, son assurance-maladie. Avec le taux de prélèvements obligatoires idoine alors que la fiscalité prend une dimension de plus en plus comportementale. Et où l’inversion linguistique a atteint un tel degré que l’on nomme abusivement libéralisme et austérité (confondant allègrement les deux, ce qui est pratique) un simple « ralentissement » de la croissance des dépenses publiques.

Dialoguer ?

Huguenin semble manifester sa faveur envers cette voie « médiane » que serait le conservatisme. Il est assez peu clair envers la définition qu’il donne à celui-ci. On peut noter qu’Edmund Burke, François Guizot et Léo Strauss semblent trouver un certain intérêt à ses yeux. En tout cas, il les analyse sous un angle qui veut poser les conditions d’un dialogue entre libéraux et réactionnaires.

Cependant, beaucoup de propos sont discutables dans son livre.

D’abord, la référence à Jean-Claude Michéa3 en ouverture et en conclusion du livre, avec la reprise de sa thèse selon laquelle « la gauche se serait ralliée au libéralisme ». Se référer à quelqu’un qui écrivait que le libéralisme « c’est la libération des pulsions et des passions » n’est pas particulièrement pertinent. La thèse de Michéa a surtout pour fin de faire du libéralisme le point d’origine du relativisme moral et de la désagrégation des valeurs. Thèse fausse mais qui semble avoir une certaine popularité chez une branche des conservateurs qui ont un peu la mémoire courte comme le démontrait Alain Finkielkraut.

Comme le rappelle utilement Finkielkraut, c’est la logique d’expansion de l’État qui a détruit ce qui pouvait être la société civile.  À tel point que très rapidement, la société française s’est structurée entre l’individu et l’État. Le poids grandissant de celui-ci a eu un effet anesthésiant sur la société.

Huguenin est catholique. Est-ce pourquoi il ne mentionne pas la Nouvelle Droite dans son ouvrage ? Pourtant ce mouvement s’est constitué explicitement en vue de renverser le magistère de la gauche afin de construire une pensée alternative et commune qui fait cruellement défaut aux droites. Même si aujourd’hui la Nouvelle Droite est hors-jeu et a perdu l’essentiel de son intérêt, elle posait une question fondamentale parallèle aux questions soulevées par Huguenin dans son livre : l’articulation de l’appartenance collective et de l’individualisme. Cette question peut se régler de deux façons. Soit on prend acte d’appartenances naturelles, soit on passe par « le plébiscite de tous les jours » pour arriver à des appartenances d’élection. Outre que la vérité est sans doute plus compliquée que le choix entre l’une ou l’autre option imposée comme exclusive, est-ce vraiment la question du moment ? Ce qui est en cause, rappelait la Nouvelle Droite, ce n’est pas tant la question du consentement et de l’autorité mais le territoire où ces questions sont possibles, où elles peuvent se déployer. Il sera temps d’en discuter quand la survie du cadre où ces questions ont un sens sera mieux assuré.

Catholique donc, l’auteur l’est assurément, et les références aux encycliques papales sont nombreuses, en particulier dans la dernière partie du livre. Ce n’est pas forcément inintéressant mais cela pose une question : l’auteur est-il contre un État fort en soi ? Ou bien l’est-il seulement parce que celui-ci empiète sur un terrain qui devrait revenir de droit et par nature à la religion ? Il n’y a pas vraiment d’éléments pour y répondre, mais la question se pose dans la mesure où il fait du catholicisme social l’un des instruments du dialogue.

Sachant que le libéralisme n’est pas un bloc, il est difficile de répondre à son assertion sur le fait que celui-ci « ne pense pas le bien commun. » Mais dire que la liberté vaut mieux en soi que la coercition n’est pas une affirmation circonstancielle. La libre disposition par l’individu de ses activités n’est pas divisible. La liberté d’être et de faire inclut celle de posséder.

Léo Strauss, dans ses commentaires sur Aristote et Platon, résume les trois affirmations principales des deux philosophes grecs de la manière suivante :

  • Il existe un primat d’un genre de vie sur les autres (le genre de vie philosophique),
  • Il existe une hiérarchie indiscutable des genres de vie et des valeurs,
  • La raison bien conduite permet de saisir des vérités qui ne sont pas relatives aux temps ou aux lieux. Par suite, elle repose, comme un geste indépassable, sur l’effort consistant à distinguer intellectuellement les choses qui sont dignes d’être aperçues non pas seulement en vue de connaître ces dernières, mais en vue de les juger ; la philosophie politique est une activité intellectuelle évaluative qui vise l’auto-perfectionnement de l’individu dans le cadre de la Cité.

Toute liberté qui est liberté pour quelque chose, toute liberté qui est justifiée par référence à quelque chose de plus haut que l’individu ou tout simplement que l’homme en tant qu’homme, limite nécessairement la liberté ou, ce qui est la même chose, institue une distinction intelligible entre liberté et licence.
— Léo Strauss, Droit Naturel et Histoire4

Leo StraussHuguenin tourne les passages sur Strauss dans un sens conservateur. Pourtant « la liberté pour faire quelque chose » dont parlait Strauss se situe dans un authentique libéralisme que partageait, par exemple, Benjamin Constant ; dans un article qui lui est consacré  il rappelait que l’utilitarisme ne peut pas constituer la seule base philosophique du libéralisme.

Est-ce si vrai que le bonheur – quel qu’il soit – soit la fin unique cherchée par l’homme ? Si oui, alors notre route serait étroite, et notre destinée pas très élevée. Il n’y a pas un de nous qui serait heureux, s’il voulait bien restreindre ses facultés morales, rabaisser ses désirs, cesser son activité et toute émotion généreuse, devenant ainsi une brute… Ce n’est pas pour le bonheur seul que la destinée nous appelle, c’est pour l’auto-perfectionnement.
— Benjamin Constant, Cours de politique constitutionnelle

Strauss précise plus loin, s’exprimant à travers ses commentaires de Platon et d’Aristote, « tous deux évitèrent les abîmes également redoutables du relativisme et de l’absolutisme en élaborant une théorie qu’on peut essayer de résumer comme suit : il y a une hiérarchie universellement valable des fins, mais il n’y a pas de règles de conduites universellement valables ».

Le propos est clair. Les désirs individuels sont libres, ils n’en sont pas pour autant égaux. À l’aune de quoi ? De la raison et la sagesse qu’éclaire la philosophie et de ce que Strauss nomme « l’éducation libérale » qui nous donne l’amour des belles choses. Ce qu’écrit Strauss doit en effet être appréhendé comme procédant d’un authentique libéralisme. L’introduction de Droit naturel et histoire ne laisse à cet égard planer aucune doute : Strauss débute son livre en citant  la Déclaration d’Indépendance qui proclame l’égalité de dignité de tous les hommes voulue par Dieu, en remarquant que « la nation qui s’est dédiée à cette proposition est devenue aujourd’hui – et en partie sans doute à cause de cela – la plus puissante et la plus prospère qui soit au monde ». Dans le même ouvrage, ne reproche-t-il pas à Burke d’avoir négligé les capacités de la raison au profit de la nature et de la tradition, dans sa tentative pour repenser la bonne constitution ?

L’histoire intellectuelle des droites est un livre qui mérite d’être lu. Déjà parce que c’est un sujet bien peu abordé. Il faut le voir d’abord comme une très bonne synthèse montrant les passerelles entre les pensées libérale, conservatrice et réactionnaire. En restant conscient que le rapport de l’auteur au libéralisme n’est peut-être pas complètement clair, et certains propos un peu rapides, notamment sur le rapport entre le libéralisme et le bien commun. Cependant les nombreuses références bibliographiques et la diversité des thèmes et des auteurs n’en rendent pas toujours la lecture facile.

François Huguenin, Histoire intellectuelle des droites, Tempus, 2013, 496 pages.

  1. Historien des idées. Il a écrit sur l’Action Française, la pensée libérale et réactionnaire française ainsi que sur les philosophes communautariens américains. Il est également directeur général de la Procure, la librairie religieuse parisienne.
  2. Le texte intégral est disponible ici.
  3. Essayiste français. Sa thèse principale, qui est directement reprise de passages dans le Manifeste de Marx, est de faire du libéralisme économique (antithèse du politique) la cause de la perte du lien social et la démolition de la culture civique. On y trouve l’habituel discours sur la culture débilitante du divertissement dont on a du mal à voir en quoi elle est « libérale ». Le libéralisme est une philosophie et non un mode d’occupation individuel des loisirs. Quant à sa thèse concernant « le ralliement de la gauche au libéralisme » elle n’est vraie que si on prend le terme « liberal » dans son acception américaine. C’est-à-dire progressiste et que John Rawls (le grand théoricien du ‘liberalism’) se définit lui-même comme « un social-démocrate à l’européenne ».
  4. De Léo Strauss, il est particulièrement conseillé Droit Naturel et Histoire ainsi que La Cité et l’Homme qui sont les plus accessibles et de très bonnes introductions à sa pensée. Et permettent de s’apercevoir que Strauss ne s’exprime jamais directement sous la forme d’un exposé, mais que l’ensemble de son œuvre consiste principalement en des commentaires de la philosophie grecque classique et de la philosophie médiévale judéo-chrétienne.

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